Réforme de la Protection Civile : communiqué de presse

En séance du 19 mars 2017, le Collège de la Zone Hainaut-Centre a pris connaissance, au travers de la presse, de la future suppression de la caserne de Ghlin dans le cadre de la réforme de la Protection Civile. Les membres du Collège s’interrogent sur l’avenir de la Protection civile et sur les risques encourus par le citoyen hennuyer.

La réforme des services de la Protection civile est annoncée pour janvier 2018. Celle-ci prévoit une réduction du nombre de casernes de la Protection civile sur le sol belge. De six actuellement, il n’y en aurait plus que deux : une en Flandre à Brasschat ; et une en Wallonie à Crisnée. Cette réforme prévoit aussi une diminution du personnel d’environ 30%.

La Protection civile a essentiellement des missions d’appui orientées vers des opérations de secours aux personnes et de protection de biens lors de calamités ou de sinistres importants. Progressivement, la Protection civile s’est spécialisée et équipée dans la protection contre les risques majeurs naturels, chimiques et nucléaires.

Pourtant, le Collège de la Zone de Secours Hainaut-Centre constate la situation potentiellement dangereuse que cette suppression de la caserne de la Protection civile de Ghlin va engendrer.

En effet, la caserne de la Protection civile de Ghlin est située tout près du plus important site SEVESO de la province wallonne : pas loin de 26 entreprises SEVESO y sont recensées (9 seuils bas et 17 seuils haut). La caserne se trouve également près du SHAPE et de la base américaine de Chièvres. Dès lors, sans le maintien de cette caserne, l’incertitude règne sur la rapidité d’intervention ainsi que sur l’utilisation à bon escient du matériel spécifique.

Par exemple, lorsque la caserne de Ghlin aura mis la clef sous la porte, que risque-t-il de se passer en cas de recherche et de dégagement de victimes lors de calamités ou de grandes catastrophes ? Ou encore, comment les zones de secours pourront-elles assurer la décontamination de la population en cas de pollution chimique ou nucléaire ? De même, comment assurer les recherches par les brigades canines ou par les plongeurs lors des interventions et des missions judiciaires de longue durée ?

Ce futur transfert problématique des missions de la Protection civile auprès des zones de secours représentera un énorme défi logistique et humain. En l’état actuel, les zones de secours n’ont pas les moyens techniques et matériels d’une caserne de la Protection civile comme celle de Ghlin. Il y aura inéluctablement un impact plus que négatif sur le bon fonctionnement des zones de secours. Ou, du moins, un long temps d’adaptation précaire et hasardeux.

Nous nous interrogeons également sur le futur des agents de la Protection civile. Combien d’agents seront repris ? Sous quelles conditions ? Devront-ils présenter un examen ? La Zone bénéficiera-t-elle d’une dotation complémentaire pour couvrir ce coût salarial supplémentaire ? Pendant combien de temps ? Autant de questions pour lesquelles les agents ghlinois, et d’autres acteurs des zones de secours, attendent une réponse.

Il en va de même pour le budget lié à la Protection civile et ses missions : l’achat du matériel adéquat sera-t-il assuré par le fédéral, ou les communes devront-elles investir à nouveau, provoquant directement une incidence auprès du citoyen qui pourrait voir, en contrepartie, les taxes communales s’envoler ?

Depuis le 1er janvier 2015, et la mise en place de la Zone de Secours Hainaut-Centre, autant les services opérationnels qu’administratifs ont redoublé d’effort pour assurer l’organisation nouvelle et le fonctionnement de la zone. Dans la conjoncture actuelle, un nouveau changement rocambolesque d’une telle ampleur est-il réellement obligatoire ? Cette situation ne va-t-elle pas au contraire à nouveau ralentir l’efficacité des zones de secours ?

A contrario des décisions du Ministre Jan JAMBON, le Collège de Zone pense qu’il est nécessaire d’investir dans l’extension de la sécurité du citoyen et non dans son appauvrissement.